Chômage intérimaire : calcul ARE et droits après mission 2025
Le statut intérimaire face au chômage
Les intérimaires relèvent de l'Annexe 4 de la convention Unédic, qui adapte les règles générales de l'assurance chômage à leur statut : missions courtes et discontinues, alternance fréquente entre périodes d'emploi et de non-emploi, rémunération incluant des indemnités spécifiques (fin de mission, congés payés). Les formules de calcul de l'ARE sont identiques à celles des autres salariés, mais le SJR est calculé sur les jours effectivement travaillés et non sur les jours calendaires. Les droits sont ouverts dès 88 heures travaillées sur 28 jours consécutifs pour un rechargement, et l'affiliation minimale est de 130 jours (910 heures) sur les 24 derniers mois. L'ARE est versée pendant chaque période de non-emploi, suspendue dès la reprise d'une mission.
Conditions d'accès à l'ARE pour un intérimaire
| Affiliation minimale | 130 jours (910 heures) travaillés sur les 24 derniers mois (36 mois pour les 55 ans et plus) |
| Motif d'ouverture | Fin de mission (terme échu), fin anticipée par l'entreprise utilisatrice, refus de renouvellement |
| Délai d'inscription | 12 mois maximum après la fin de la dernière mission |
| Délai de carence | 7 jours d'attente + différé CP non pris (variable) |
Cas particulier : refus de CDI après une mission
Depuis la réforme de 2023, refuser un CDI proposé par l'entreprise utilisatrice à l'issue d'une mission — aux mêmes conditions de poste et de rémunération— prive du droit à l'ARE. L'agence d'intérim doit en informer France Travail. Si les conditions proposées sont moins favorables (salaire réduit, poste différent, lieu de travail éloigné), le refus ne fait pas obstacle à l'ARE.
Calcul du SJR intérimaire : exemple 6 mois à 2 000,00 €/mois
La spécificité de l'Annexe 4 : le SJR est calculé en divisant l'assiette totale (salaires + indemnités) par le nombre de jours effectivement travaillés, et non par les jours calendaires. L'assiette inclut :
- Les salaires bruts des missions ;
- L'indemnité de fin de mission (prime de précarité) : 10 % des salaires bruts ;
- L'indemnité compensatrice de congés payés : 10 % des salaires bruts.
| Salaires bruts missions | 6 × 2 000,00 € = 12 000,00 € |
| + Ind. fin de mission (10 %) | 1 200,00 € |
| + Ind. congés payés (10 %) | 1 200,00 € |
| Assiette totale | 14 400,00 € |
| Jours travaillés | 182 j |
| SJR = 14 400,00 € ÷ 182 | 79,12 €/jour |
| Formule 1 : 0.404 × SJR + 13,18 € | 45,14 €/jour |
| Formule 2 : 0.57× SJR | 45,10 €/jour |
| ARE journalière | 45,14 €/jour |
| ARE mensuelle | 1 354,20 €/mois |
Paramètres Unédic en vigueur au 01/07/2025. Taux 0.404/0.57, partie fixe 13,18 €, plancher 32,13 €/jour.
Durée d'indemnisation et rechargement des droits
La règle est identique à celle des autres salariés : 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, dans la limite des plafonds légaux.
| Jours travaillés | Durée ARE (< 50 ans) | Durée ARE (50 ans et +) | Note |
|---|---|---|---|
| 130 j | 130 j | 130 j | Seuil minimum Annexe 4 |
| 182 j | 182 j | 182 j | Seuil général ARE |
| 365 j | 365 j | 365 j | Plafond < 50 ans atteint |
| 546 j | 365 j (plafonné) | 546 j | < 50 ans plafonné — 50+ non plafonné |
| 730 j | 365 j (plafonné) | 730 j | < 50 ans plafonné — 50+ non plafonnéPlafond max (50 ans et plus) |
Rechargement des droits
Le rechargement permet d'allonger les droits sans attendre leur épuisement : toute nouvelle période de travail d'au moins 130 joursentre deux ouvertures de droits recharge le compteur. Pour les intérimaires, même une mission de quelques semaines cumule des jours qui viendront s'ajouter aux droits restants. Un rechargement minimal nécessite au moins 88 heures sur 28 jours consécutifs.
ARE pendant les périodes de non-emploi
L'ARE est versée uniquement pendant les périodes sans mission. Dès la reprise d'une mission — même à temps partiel — l'ARE est suspendue ou réduite selon les règles d'activité réduite.
- Cumul ARE + salaire mission :si la mission est à temps partiel ou de courte durée, il est possible de cumuler partiellement l'ARE avec les revenus de la mission. Le total (ARE réduite + salaire) est généralement supérieur à l'ARE seule. Voir les règles de cumul →
- Actualisation mensuelle obligatoire :l'intérimaire doit déclarer chaque mois ses heures travaillées et ses revenus de mission via l'espace personnel France Travail. L'ARE est alors recalculée en conséquence.
- Jours indemnisés conservés :les jours d'ARE non utilisés pendant une mission sont conservés et reportent la fin des droits d'autant.
Cas particuliers intérimaires
Fin de mission anticipée par l'entreprise utilisatrice
Si l'entreprise met fin à la mission avant le terme prévu, l'intérimaire bénéficie des droits ARE (si l'affiliation minimale est atteinte). L'agence d'intérim peut être tenue de rechercher une nouvelle mission compatible.
Refus de renouvellement de mission
Le refus de renouvellement par l'entreprise utilisatrice est assimilé à une fin de mission normale : droits ARE préservés si les conditions d'affiliation sont remplies.
Rupture du contrat de mission par l'intérimaire
Si c'est l'intérimaire qui met fin à la mission avant le terme, c'est assimilé à une démission. Aucun droit AREsauf cas de démission légitime (déménagement pour suivre un conjoint, victime de discrimination, etc.).
Mission transformée en CDI puis licenciement
Si l'intérimaire est embauché en CDI par l'entreprise utilisatrice et est ensuite licencié, les règles de droit commun s'appliquent : indemnité de licenciement, ARE calculée sur les salaires du CDI (et éventuellement les missions antérieures si dans la période de référence).
Exemple complet : 8 mois de missions (244 j), 2 200,00 €/mois
| Salaires bruts missions | 8 × 2 200,00 € = 17 600,00 € |
| + Ind. fin de mission (10 %) | 1 760,00 € |
| + Ind. congés payés (10 %) | 1 760,00 € |
| Assiette totale | 21 120,00 € |
| SJR = assiette ÷ 244 j | 86,56 €/jour |
| ARE journalière | 49,34 €/jour |
| ARE mensuelle | 1 480,20 €/mois |
| Durée d'indemnisation | 244 jours (8 mois) |
| Rechargement possible si | Nouvelle mission d'au moins 130 j pendant les droits |
Dégressivité : avec un SJR de 86,56 €/jour, l'AJ de 49,34 €/jour est inférieure au seuil de 92,57 €/jour : pas de dégressivité dans cet exemple.
Comparatif intérimaire, CDI et CDD
| Critère | Intérimaire | CDD | CDI |
|---|---|---|---|
| Base calcul SJR | Assiette (salaires + primes) ÷ jours travaillés | Salaires bruts ÷ jours calendaires période | Salaires bruts ÷ jours calendaires période |
| Affiliation minimale | 130 j (910 h) / 24 mois | 182 j / 24 mois | 182 j / 24 mois |
| Durée droits | = jours travaillés, plafonnés à 365 j (< 50 ans) | Idem — plafonnés à 365 j | Idem — plafonnés à 365 j |
| Rechargement droits | Dès 130 j de mission | Dès 182 j travaillés | Dès 182 j travaillés |
| Délai de carence | 7 j + différé CP | 7 j + différé CP | 7 j + différés |
| Cas sans ARE | Rupture volontaire de mission, refus CDI à conditions identiques | Rupture avant terme par le salarié, refus CDI identique | Démission (hors cas légitimes) |
Questions fréquentes
Un intérimaire a-t-il droit au chômage entre deux missions ?
Oui, sous conditions d'affiliation (130 jours / 910 heures sur 24 mois). L'ARE est versée pendant chaque période sans mission et suspendue dès la reprise d'un contrat.
Comment est calculé le SJR d'un intérimaire ?
Le SJR est calculé sur l'assiette totale (salaires bruts + indemnité de fin de mission 10 % + ind. CP 10 %) divisée par les jours effectivement travaillés (et non les jours calendaires). C'est la spécificité de l'Annexe 4 Unédic.
Que se passe-t-il si un intérimaire refuse un CDI après sa mission ?
Depuis 2023, refuser un CDI proposé aux mêmes conditions prive du droit à l'ARE. Si les conditions proposées sont moins favorables, le refus ne fait pas obstacle à l'ARE. En cas de doute, se rapprocher de France Travail avant de refuser.
Estimez votre ARE après une mission d'intérim
Renseignez votre salaire brut moyen sur vos missions pour obtenir une estimation de votre allocation journalière et mensuelle.