Démission pour Reconversion : Chômage et CPF en 2026

Depuis le 1er novembre 2019, il est possible de démissionner pour se reconvertir et percevoir l'allocation chômage (ARE) — à condition de respecter une procédure stricte. Ce guide détaille les conditions, les étapes et le calcul de l'ARE dans ce dispositif.

La démission pour reconversion professionnelle : une exception depuis 2019

Créée par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018 et applicable depuis le 1er novembre 2019, cette mesure permet à un salarié de démissionner pour se reconvertir tout en bénéficiant de l'ARE. C'est une exception majeure au principe selon lequel la démission ne donne pas droit au chômage.

La condition préalable OBLIGATOIRE est que le projet de reconversion soit validé par le Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) AVANT la démission. Démissionner d'abord puis demander la validation entraîne un refus automatique de l'ARE par France Travail. L'ordre des étapes est impératif.

Les deux cas éligibles

Cas 1 — Formation certifiante ou qualifiante

Le salarié suit une formation inscrite au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) ou au Répertoire Spécifique. Le financement peut être assuré par le CPF, l'OPCO de la branche professionnelle, des fonds propres, ou un cofinancement combinant plusieurs sources.

Cas 2 — Création ou reprise d'entreprise

Le salarié a un projet sérieux de création ou reprise d'entreprise, attesté par des démarches concrètes : étude de marché réalisée, business plan formalisé, accompagnement par une structure reconnue (BGE, CCI, couveuse d'entreprises, etc.).

La procédure étape par étape

  1. 1
    Contacter un CEP — Opérateurs habilités : France Travail, Apec (pour les cadres), Cap emploi (personnes en situation de handicap), et les opérateurs régionaux agréés.
  2. 2
    Construire le dossier avec le conseiller CEP : description précise du projet, plan de financement, calendrier prévisionnel de formation ou de création.
  3. 3
    Obtenir l'attestation de validationdu CEP — document indispensable à présenter à France Travail lors de l'inscription.
  4. 4
    Démissionner en respectant le préavis prévu par la convention collective ou le contrat de travail.
  5. 5
    S'inscrire à France Travaildans les 6 mois suivant la démission, en présentant l'attestation CEP.
  6. 6
    Justifier du suivi effectif du projetsous 6 mois : formation commencée, démarches de création d'entreprise documentées. Sans justification, France Travail peut suspendre l'ARE.

Condition d'ancienneté : 5 ans continus chez le même employeur

Le salarié doit justifier d'au moins 5 ans d'activité salariée continue chez le même employeur au moment de la démission. Cette condition est stricte et non négociable : 4 ans et 11 mois d'ancienneté entraînent un refus automatique.

En pratique, cela signifie que les salariés qui ont changé d'employeur récemment, même pour une durée courte, ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif, sauf à attendre d'atteindre les 5 ans chez leur employeur actuel.

Calcul de l'ARE pour démission reconversion

Le calcul de l'ARE est identique au calcul standard: le salaire journalier de référence (SJR) est calculé sur les 24 derniers mois, puis les formules Unédic s'appliquent normalement. Il n'y a aucune pénalité sur le montant ni sur la durée d'indemnisation par rapport à un licenciement classique.

Un délai de carence de 7 jours s'applique, auquel peut s'ajouter un différé d'indemnisation au titre des congés payés non pris. Utilisez le calculateur ci-dessous pour estimer votre allocation :

Salaire brut moyen sur la période travaillée

Sur les 24 derniers mois (36 mois si 55 ans et plus)

Âge à la date de fin du contrat de travail

Votre estimation

Allocation mensuelle brute
1 425,00 €

soit 47,50 € par jour

Durée d'indemnisation
12 mois

365 jours indemnisables

Salaire journalier de référence (SJR)
83,33 €
Formule retenue
57 % du SJR

Estimation indicative. France Travail calcule sur la base de vos attestations employeur.

Barème en vigueur depuis le 01/07/2025

Questions fréquentes

Peut-on toucher le chômage en démissionnant pour se reconvertir ?

Oui, depuis le 1er novembre 2019. Un salarié peut démissionner pour réaliser un projet de reconversion professionnelle (formation certifiante ou création d'entreprise) et percevoir l'ARE, à condition d'avoir fait valider son projet par un Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) AVANT de démissionner et de justifier de 5 ans d'ancienneté continue chez le même employeur.

Quelle est la différence entre démission reconversion et démission classique ?

La démission classique ne donne pas droit au chômage. La démission pour reconversion validée par un CEP ouvre droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement. La différence clé est la validation préalable obligatoire du projet : sans attestation CEP avant la démission, France Travail refuse l'ARE.

Faut-il obligatoirement utiliser son CPF pour bénéficier de ce dispositif ?

Non, le CPF est une option de financement parmi d'autres (OPCO, fonds propres, cofinancement). Ce qui est obligatoire, c'est que le projet de formation soit certifiant ou qualifiant (inscrit au RNCP ou Répertoire Spécifique). Le financement via CPF est simplement le plus courant car disponible pour tous les salariés.

Que se passe-t-il si le projet de reconversion ne se réalise pas ?

Si le projet validé par le CEP n'est pas mis en oeuvre dans les 6 mois suivant la démission (formation non commencée, démarches entreprise inexistantes), France Travail peut suspendre le versement de l'ARE. Le salarié devra justifier de l'avancement de son projet à chaque actualisation.